4.4 Les hauteurs

Théorème 4.4.1:

Les hauteurs sont concourantes. Les trois hauteurs d’un triangle sont concourantes en un point que l’on appelle l’orthocentre.

Démonstration.

Il existe plusieurs méthodes pour démontrer ce résultat. Nous allons en présenter deux.

Méthode 1: Sans utiliser le théorème de Ceva.

  1. 1.

    Prenons un triangle ABC\triangle ABC et dessinons des parallèles à chaque côté passant par le sommet opposé.

  2. 2.

    Par les angles correspondant et le théorème des angles alternes-internes (Théorème 2.2.1), on obtient les congruences suivantes:

    BACABFECACDB\angle BAC\cong\angle ABF\cong\angle ECA\cong\angle CDB
    CBAFABBCDAEC\angle CBA\cong\angle FAB\cong\angle BCD\cong\angle AEC
    ACBBFADBCCAE\angle ACB\cong\angle BFA\cong\angle DBC\cong\angle CAE
  3. 3.

    On obtient donc que les triangles suivants sont congrus par ACA:

    ABCBCDACEABF\triangle ABC\cong\triangle BCD\cong\triangle ACE\cong\triangle ABF
  4. 4.

    Comme les triangles sont congrus, on obtient donc que les segments suivants sont congrus:

    AEAF,BDBF et CDCEAE\cong AF,\leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ BD% \cong BF\leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \textrm% { et }\leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ CD\cong CE
  5. 5.

    Ceci signifie que les points A,BA,B et CC sont respectivement les points milieux des segments EF,CFEF,CF et CECE.

  6. 6.

    Les hauteurs du triangle ABC\triangle ABC sont donc les médiatrices du triangle DEF\triangle DEF. Comme nous savons que les 33 médiatrices d’un triangle sont concourantes (Théorème 4.2.2), il s’en suit que les trois hauteurs sont concourantes.

Remarquez que le triangle CEF\triangle CEF porte le nom de triangle antimédian du triangle ABC\triangle ABC. D’un autre côté, le triangle ABC\triangle ABC porte le nom de triangle médian du triangle DEF\triangle DEF.

Méthode 2: À l’aide du théorème de Ceva.

  1. 1.

    Prenons un triangle ABC\triangle ABC et dénotons par D,ED,E et FF les points d’intersection des hauteurs avec les différent côté du triangle comme sur la figure ci-dessous.

  2. 2.

    Par AA, les triangles ci-dessous sont semblables:

    ABDBFC,ACFABE et BCEACD\triangle ABD\sim\triangle BFC,\leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ % \leavevmode\nobreak\ \triangle ACF\sim\triangle ABE\textrm{\leavevmode\nobreak% \ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ et \leavevmode\nobreak\ % \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ }\triangle BCE\sim\triangle ACD
  3. 3.

    Comme les triangles sont semblables, leur côté correspondant sont proportionnels. Ce qui nous donne les égalités suivantes:

    BDBF=ADCF=ABBC,AFAE=CFBE=ACAB et CDCE=ADBE=ACBC\frac{BD}{BF}=\frac{AD}{CF}=\frac{AB}{BC},\leavevmode\nobreak\ \leavevmode% \nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \frac% {AF}{AE}=\frac{CF}{BE}=\frac{AC}{AB}\leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ % \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \textrm{ et }% \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \leavevmode% \nobreak\ \leavevmode\nobreak\ \frac{CD}{CE}=\frac{AD}{BE}=\frac{AC}{BC}
  4. 4.

    À partir de ces égalités, on obtient donc:

    AFBFBDCDCEAE=AFAEBDBFCECD=ACABABBCBCAC=1\frac{AF}{BF}\cdot\frac{BD}{CD}\cdot\frac{CE}{AE}=\frac{AF}{AE}\cdot\frac{BD}{% BF}\cdot\frac{CE}{CD}=\frac{AC}{AB}\cdot\frac{AB}{BC}\cdot\frac{BC}{AC}=1

    Comme il y a toujours exactement 0 ou 22 des bases des hauteurs qui sont à l’extérieur de leur côté respectif, alors par le théorème de Ceva (Théorème 3.2.1) on peut affirmer que les trois hauteurs sont concourantes.

Théorème 4.4.2:

Théorème de Pythagore inversé. Si ABC\triangle ABC est un triangle rectangle en AA, et HH est le point d’intersection de la droite BCBC avec la hauteur issue du sommet AA, alors:

1AB2+1AC2=1AH2\frac{1}{AB^{2}}+\frac{1}{AC^{2}}=\frac{1}{AH^{2}}
Démonstration.
  1. 1.

    On remarque premièrement que les triangles ABC\triangle ABC et ABH\triangle ABH sont semblables par AA, leur côtés doivent donc être proportionnels (Théorème 2.6.1), ce qui nous donne:

    AHAB=ACBCAHBC=ABAC\frac{AH}{AB}=\frac{AC}{BC}\leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ % \leavevmode\nobreak\ \Rightarrow\leavevmode\nobreak\ \leavevmode\nobreak\ % \leavevmode\nobreak\ AH\cdot BC=AB\cdot AC
  2. 2.

    Avec un peu d’algèbre, on obtient donc:

    1AB2+1AC2=AB2+AC2AB2AC2=AB2+AC2AH2BC2\frac{1}{AB^{2}}+\frac{1}{AC^{2}}=\frac{AB^{2}+AC^{2}}{AB^{2}\cdot AC^{2}}=% \frac{AB^{2}+AC^{2}}{AH^{2}\cdot BC^{2}}
  3. 3.

    En applicant le théorème que Pythagore (Théorème 2.6.3) on obtient donc:

    1AB2+1AC2=BC2AH2BC2=1AH2\frac{1}{AB^{2}}+\frac{1}{AC^{2}}=\frac{BC^{2}}{AH^{2}\cdot BC^{2}}=\frac{1}{% AH^{2}}

Théorème 4.4.3:

Hauteur et bissectrice. Supposons que ABC\triangle ABC est un triangle pour lequel tous les angles sont aigu, et D,ED,E et FF sont les points d’intersection des hauteurs du triangle avec les côtés du triangle tel qu’illustré sur la figure. Alors les droites AD,BEAD,BE et CFCF sont les bissectrices du triangle DEF\triangle DEF. Ce triangle porte le nom du triangle orthique du triangle ABC\triangle ABC. triangle orthique

Démonstration.

Exercice. Notez qu’il s’agit d’une application du théorème de Blanchet. ∎